Découvrir Vigny
Situation géographique
Vigny est située à 40 kilomètres au nord-ouest de Paris bénéficie d’un paysage vallonné entrecoupé de bois et de cultures.
Le village a conservé tout le charme du passé. Situé dans la vallée de l’Aubette de Meulan, il est au cœur du Vexin français.
Son principal écart est le Bord’Haut, situé sur le plateau et contourné par la RD14 dont le nom provient de Bordeau : “ferme isolée” ou “mauvaise maison”.
Vigny est chef lieu de canton avec 1101 habitants et s’étend sur une superficie de 653 hectares.
Histoire

Du Moyen-Âge au siècle dernier, Vigny est resté un village rural dépourvu de toute équipement. Seul le Bord’Haut était un relais connu sur la route de Paris. Au XVIIIe siècle, il y avait en effet six ou sept auberges avec de grandes écuries pouvant contenir jusqu’à deux cents chevaux. Il y avait sur place tous les métiers nécessaires, comme charron, forgeron, maréchal-ferrant, bourrelier…
C’était également un relais de poste sur le trajet Paris-Rouen. Cette route était bordée de pommiers et la première vision que l’on avait de la diligence était, sur la gauche quand on venait de Paris, la “Justice” de Vigny, qui se trouvait en haut de l’actuel lotissement de la Gaudière.
Dans le village, un manoir seigneurial se dressait à l’emplacement de l’actuel château. Les embellissements du château de Vigny sont attribués au Cardinal Georges Ier d’Amboise, ministre de Louis XII, qui achète la propriété en 1504. Son aspect est celui d’une forteresse médiévale.
Il est fait mention d’un grand jardin potager et fruitier avec de grands et beaux parterres de buis, de belles allées bordées d’arbres fruitiers, d’ormes, de chênes, de tilleuls et d’érables… Le ruisseau qui traverse le parc alimente le grand canal. A un des coins du jardin, une grande volière construite en pierre, couverte d’ardoise et fermée de grillage, abrite des buis et des jets d’eau.
Le château a de tout temps constitué le point central du village. La structuration de l’ensemble du bourg est ainsi fortement liée à la propriété foncière constituée par le château et le parc.
Au début du XVIIIe siècle, Vigny était un gros bourg céréalier. Ce n’est qu’à partir de la fin du XIXe siècle que Vigny a commencé, très lentement, sa modernisation.
Aujourd’hui, la commune de Vigny hérite ainsi d’un patrimoine bâti diversifié et de qualité, qu’il convient de protéger et de mettre en valeur : château, fermes, murs de clôtures des propriétés construits en pierres, église, moulin, maisons du bourg et du Bord’Haut, sculptures, lavoir…
Toute intervention ou opération devra veiller à respecter la qualité architecturale de ce patrimoine.
Patrimoine
Inventaire du patrimoine géologique
La direction régionale et interdépartementale de l’environnement et de l’énergie d’Ile-de-France (DRIEE-IF) et le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) ont finalisé la première vague de l’inventaire du patrimoine géologique en Ile-de-France.
Si le principe de la préservation du patrimoine géologique a été introduit depuis la loi du 10 juillet 1976, la reconnaissance du patrimoine géologique en tant que tel ne remonte qu’à la loi du 27 février 2002 relative à la démocratie de proximité, qui étend la définition du patrimoine naturel aux « richesses géologiques, minéralogiques et paléontologiques » et prévoit la réalisation d’un inventaire national de ce patrimoine.
L’inventaire a été lancé par le ministère en charge de l’environnement en 2007. Cet inventaire est avant tout un outil de connaissance, d’alerte et non de protection. Une fois mis à disposition des utilisateurs potentiels, il permet une meilleure prise en compte des richesses géologiques dans l’aménagement du territoire, y compris dans la valorisation des territoires et la préservation de leur patrimoine. Il doit favoriser une meilleure appropriation collective du patrimoine géologique, en particulier pour les collectivités. La prise en compte de ce patrimoine s’inscrit dans la nécessaire conciliation avec les autres enjeux notamment les risques naturels qui peuvent d’ailleurs en découler.
La présence d’un site inventorié sur votre commune témoigne de l’identité particulière de votre territoire.
Toutes les données de l’inventaire (fiches et cartographies) sont disponibles sur :
- le portail de l’inventaire national du patrimoine géologique :
https://inpn.mnhn.fr/accueil/recherche-de-donnees/inpg - le site internet de la DRIEE: http://carto.geo-ide.application.developpement-durable.gouv.fr/73/Nature_Paysage.map
Je vous invite à prendre connaissance de ces éléments.
Vous trouverez ci-dessous les fiches des sites sur la commune.
Cet inventaire ne constitue pas une mesure de protection juridique directe. Il ne se substitue pas aux études d’impact, ni aux expertises. Il indique la présence d’un enjeu important qui requiert donc une attention et des études plus approfondies, notamment si un projet est envisagé sur ces sites ou à leur proximité.
A contrario, il ne doit pas être considéré qu’il n’existe aucun enjeu de protection en dehors des sites inventoriés, car il peut exister d’autres sites d’intérêt non encore répertoriés. En particulier, dans le cadre de l’élaboration de documents d’urbanisme, l’inventaire du patrimoine géologique fournit une base essentielle pour localiser les sites. En fonction des particularités locales, il peut ainsi être conseillé de les classer en zone non constructible.
Les services de la DRIEE sont à votre disposition si vous souhaitez avoir plus d’éléments sur le sujet.
Le colombier
Le colombier octogonal en brique de la ferme du Beauséjour date de la fin du XVIIe siècle. Son architecture est typique de l’époque par le jeu contrasté des appareillages de briques et de de pierres, notamment les harpages d’angle dont on retrouve trace dans de nombreuses constructions du village.
La ferme de F Mahé, dans le village : magnifique ensemble possédant un pigeonnier de forme octogonale, de 28 mètres de circonférence et comportant environ 3 500 cases qui daterait probablement du 18ème siècle.
Si nous supposons l’existence d’une toiture, nous devrions trouver une lucarne d’envol édifiée dans la charpente. Cette lucarne était fermée par un panneau de bois percé d’ouvertures calibrées aux dimensions des pigeons (10cm de diamètre), cela interdisait l’entrée des redoutables rapaces.
Le colombier a normalement un bandeau à mi-hauteur appelé larmier qui a pour rôle d’empêcher les prédateurs, comme la fouine et autres « puants » d’entrer à l’intérieur. Il s’agit d’un ressaut en pierre convexe présentant une forte saillie.
Une unique porte étroite, souvent tournée vers l’habitation principale, de façon à ce que les allers et venues soient surveillés, est située au ras du sol.
Toute la périphérie intérieure est tapissée de niches appelées « boulins ». En principe les premiers boulins s’élèvent au dessus d’un muret de garde d’environ 80 cm qui les met hors de portée du saut des rongeurs. Ces nids sont disposés en quinconce de façon à ce que les déjections des pigeons ne souillent les boulins de la rangée inférieure. Le nombre de boulins est proportionnel à la superficie du fief. D’après le droit coutumier en vigueur dans le nord de la France , le seigneur possédait un boulin par acre de terre soit environ 52 ares.
Le colombier, bâtiment spécifique pour l’élevage intensif des pigeons, présente à l’intérieur un aménagement étudié pour répondre aux exigences de salubrité, d’efficacité et de rentabilité. Pour accéder aisément aux boulins ou nids, les entretenir, ramasser la colombine, recueillir les pigeonneaux et les œufs, on se sert d’une échelle tournante appuyée sur une potence horizontale, reliée à un arbre vertical qui pivote sur une crapaudine par l’intermédiaire d’une pointe appelée foire.
Cet astucieux système ne laissant aucun angle mort est particulièrement bien adapté pour les colombiers circulaires. L’intérieur du colombier ayant été transformé, cette échelle a disparu.
Dans le Val d’Oise il reste plus de 100 colombiers, principalement dans la cour de vastes fermes céréalières du Vexin et de la plaine de France. Au Moyen Age, la construction d’un pigeonnier était l’apanage du seigneur, laïque ou religieux. Au nord de la Loire, en pays d’Oil, seul le seigneur haut justicier avait le droit de colombage. Mais il pouvait concéder ce droit à des seigneurs ayant censive et un domaine d’au moins 50 arpents. A partir du 16ème siècle, bien des agriculteurs aisés obtiennent de leur seigneur le droit de construire un colombier. Le privilège féodal a été aboli à la Révolution et l’élevage des pigeons s’est raréfié au XIXe siècle à cause de l’identification de ce bâtiment à l’Ancien Régime et également grâce à l’arrivée des nouveaux engrais qui rendaient inutile ces oiseaux.
Le lavoir
Avant que l’eau courante ne se généralise à domicile vers 1950, le lavoir a été un des endroits les plus vivants du village. Depuis quand existe-t-il des lavoirs ? Ce n’est qu’à partir des années 1820-1830 qu’une véritable politique de construction de lavoirs a été mené par les autorités. D’abord dans les villes, les gros bourgs puis les villages. La fin 19ème vit apparaître les bateaux lavoirs dont quelques uns possédaient une machine pour chauffer l’eau.
Architecture type :
Les lavoirs construits près d’une source permettaient des variations architecturales plus intéressantes que les lavoirs de bord de cours d’eau. Ils se composaient le plus souvent d’un bassin est deux parties, en maçonnerie, munie de vannes placées sur deux côtés opposés, l’une destinée à l’entrée de l’eau, l’autre à la sortie. Ce bassin est entouré d’une aire pavée, ses rebords sont formés par des dalles de pierres dures inclinées légèrement vers l’eau afin que l’on puisse frotter et battre le linge. Un toit protège les lavandières du soleil et de la pluie, les plus confortables sont fermés sur un ou plusieurs côtés pour former coupe-vent.
La toiture est portée par une ossature en bois ou par des poteaux en fonte. Elle est recouverte le plus souvent de tuiles mécaniques, nouveau matériaux pour l’époque et fort employé, car plus léger que la tuile plate, il permettait de faire des économies de charpente.
A Vigny, il existait avant guerre trois lavoirs :
- Le lavoir de “Crève Coeur”, le plus ancien, se situait sur l’Aubette à l’opposé du lavoir de la Comté. Pour aller à ce lavoir, il fallait prendre le chemin qui part devant la caserne des pompiers. C’était le plus bucolique. Il fut progressivement abandonné, victime des inondations et des dégradations. Il en restait encore, après la guerre, quelques vestiges qui disparurent ensuite totalement.
- Le lavoir du « Bord’Haut » à 500 mètres du hameau. Il était, en réalité, construit sur la commune deThéméricourt, il fallait pour s’y rendre, prendre le chemin rural n°10 dit de Rueil au Bord’Haut, passer le lieu dit “les murets” (aujourd’hui la D14), puis celui de « l’abreuvoir », continuer jusqu’au chemin de Vernon, descendre ensuite par le clos « Beaupré » en empruntant un magnifique chemin creux. En chemin, on passait d’abord devant un petit lavoir pour atteindre à l’orée du bois le lavoir principal : chemin magnifique mais retour difficile pour les lavandières avec leur brouette chargée de linge car la pente était rude. Le chemin rural n°10 n’existe plus, entre la D14 et le clos « Beaupré ». Seul subsiste 150 mètres de chemin et le lavoir. Ce lieu fait désormais partie d’une propriété privée.
- Et enfin le lavoir de la Comté qui fut totalement détruit pendant la guerre de 14 -18, puis reconstruit. Il est divisé en deux parties : la première, couverte, servait aux lavandières, dans l’autre, non couverte, les bêtes venaient se désaltérer,
L’Aubette en provenance du château de Théméricourt traverse le parc du château de Vigny avant d’alimenter le lavoir de la Comté.
Les anciennes fermes

Avant la dernière guerre, il existait, à Vigny, six fermes : Alagille, Bigot, Fouque, Letu, Mauger, Rallet.
Après la libération, tout change, le dernier maréchal ferrant de Vigny : M Vauvilliers disparait.
L’agriculture subit une évolution contradictoire.
Au début du siècle, il y avait 3 000 000 de chevaux en France, en 1988 il n’en restait plus que 330 000 dont 10 700 percherons.
En 1979, il y avait 1 260 000 exploitations agricoles en France, en 1991 il n’en restait plus que 900 000 et en 2000, moins de 500 000.
+ de 40% des exploitants n’ont pas de successeur connu.
Il y avait 1 500 exploitations dans le Val d’Oise en 1979, en 1990 : 1080. Le canton de Vigny a perdu 78 exploitations entre 1975 et 1988.
73% des terres cultivées dans le canton sont en fermage.
Il ne reste, à Vigny, que trois fermes d’une superficie moyenne de 137 hectares.
- D’abord, celle de M Fouque, au Bord’Haut, ancien relais de poste. Un document daté de 1872 retrouvé par C.Hamot, ancien maire (1891 à 1915) quand il reprit la ferme, précise que la ferme possédait alors :
8 chevaux, 26 vaches, 4 cochons, des oies, des canards, des pigeons, des lapins, des coqs et poules.
3 petites carioles, 4 grandes carioles et une grande voiture batarde avec bâches.
Utilisait comme engrais : du guano, de la poudrette, du pâquis, de la poulinée et du fumier et produisait du blé, de l’avoine, de l’orge, des betteraves, de la pomme de terre, des pois, de la luzerne. - Ensuite la ferme de F Mahé, dans le village : magnifique ensemble possédant un pigeonnier de forme octogonale, de 28 mètres de circonférence et comportant environ 3 500 cases qui daterait probablement du 18ème siècle. A coté, une inscription taillée dans la pierre : 1769.
- Et enfin la ferme de M Mauger qui s’appelait, au 19ème siècle : ferme du château Megret.
L’église Saint-Médard
Cet édifice, dédié à Saint Médard, fut construit à l’initiative et grâce aux dons du comte Philippe Vitali par l’architecte Tubeuf dans un style néo-gothique.
La première pierre en fut posée en octobre 1894 sur l’emplacement de l’ancienne église, datant du XIIIe siècle, dont l’état de vétusté a nécessité la complète démolition.
Le cimetière
Autrefois, le cimetière de Vigny, se trouvait sur la place autour de l’ancienne Eglise.
En 1809, le maire de Vigny reçut une lettre de M.le conseiller d’Etat, Préfet du département de Seine et Oise, l’invitant à se mettre en conformité avec la loi du 23 prairial de l’an XII (1804) qui interdisait les sépultures autour des églises et obligeait à mettre les cimetières à l’extérieur des villages.
C’est seulement en 1911 que le nouveau cimetière de Vigny sera opérationnel et que le transfert des corps sera effectué. Le terrain, acheté par la commune, appartenait à Mme de Rohan-Rochefort et se situait rue Marie, sa contenance était de 20 ares et 49 centiares. il fut agrandi en 1877, au même endroit, le lieu-dit s’appelait alors “La Godière” ou bien “Les Crons”.
Une curiosité : le dernier cuisinier de Napoléon à Sainte Hélène, Jacques Chandelier, est venu finir ses jours à Vigny. Il est enterré, dans ce cimetière, avec sa sœur. Le cimetière fut une 3e fois agrandi, au début des années 1980.
Selon les cultures et les époques, les cimetières, comme les tombes d’ailleurs, sont plus ou moins monumentalisées et sacralisées.
Le culte catholique est caractérisée par des tombes de pierre, imposantes et ornées de symboles parfois complexes.
La fin du XXe siècle en France et dans plusieurs pays européens a découragé l’expression de la nature dans les cimetières : pierres de marbre, caveaux de béton fabriqués artisanalement, puis industriellement sont alignés entre allées de schistes ou de graviers souvent chimiquement désherbées. Les fleurs en plastiques, en céramique ou peintes sur les émaux jouxtent des bouquets le plus souvent déposés lors de la fête des défunts, le 2 novembre (à ne pas confondre avec la Toussaint (1er novembre.), fête des saints qui ont marqué l’histoire chrétienne). Il existe des exceptions, dont le cimetière du Père-Lachaise à Paris où les arbres et le végétal sont très présents, et qui est plus visité que de nombreux jardins parisiens. Les haies et arbustes taillés au cordeau ou les gazons très entretenus caractérisent les cimetières militaires.
L’orgue de Vigny

Vigny possède un orgue exceptionnel, construit en 1896 par Louis Debierre, de Nantes, immédiatement après l’édification de l’église. Il comprend 2 claviers manuels, un pédalier, 14 jeux et environ 1000 tuyaux.
Grâce au Père Pierre Cazes, curé de Vigny et Longuesse pendant 50 ans et, à son excellente initiative de créer, le 22 mars 1986, l’ association «Les Amis de l’orgue de Vigny», celui-ci a pu être entièrement restauré. De nombreux dons ont permis de programmer des travaux importants et coûteux qui ont duré 14 mois de septembre 1987 à décembre 1988.
Depuis 1988, la municipalité a pris le relais. Il est accordé régulièrement et la dernière révision a été effectuée le 13 mars 2009. Suite à l’affaissement de 4 tuyaux parmi les plus volumineux, le plus long mesurant 2 mètres, une réparation exceptionnelle a été réalisée récemment par notre facteur d’orgue qui connaît et révise notre instrument depuis de longues années. Cette remise en état a duré 6 mois et s’est donc achevée le 20 octobre 2009. Ces tuyaux, fabriqués à partir d’un alliage relativement mou, à base d’étain, avaient été déformés en s’affaissant. Ce genre d’incident n’est pas rare mais il faut l’oreille d’un professionnel et les soins attentifs du titulaire de l’orgue pour les déceler.
C’est sans hésitation que le Conseil Municipal a voté, dans sa séance du 15 septembre 2009, le budget nécessaire pour raccorder l’orgue et entreprendre les travaux de restauration des tuyaux.
Coût total de l’opération : 825 €.
Trois personnes utilisent régulièrement ce magnifique orgue, soit pour des événements exceptionnels (mariages, baptêmes, enterrements, concerts) soit pour accompagner toutes les liturgies des messes dominicale :
- Denise Mauger depuis 1950
- Michel Delhouÿe depuis 1970
- Catherine Libert depuis 1998
Personnages marquants
Yves de Kervéguen
Maire de Vigny pendant 54 ans, Yves de Kervéguen a été député, et vice-président du Conseil Général du Val d’Oise. Il a su comprendre très tôt l’intérêt de mutualiser les moyens et en particulier dans le domaine du ramassage des ordures ménagères. Il est ainsi à l’origine du SMIRTOM du Vexin, regroupant aujourd’hui 93 communes du Val d’Oise et des Yvelines.
Il est décédé à l’âge de 83 ans, le 7 septembre 2007.
Extrait de l’éloge funèbre faite par Annick de Traversay lors des obsèques d’Yves de Kervéguen le 12 Septembre 2007
“…Il est encore un tout jeune enfant quand il arrive à Vigny avec sa famille. Immédiatement, il a aimé ce village, son château et son mode de vie rural. Il appréciait de se retrouver aussi souvent que possible à Vigny où il s’est forgé de nombreuses amitiés avec les jeunes du village qui sont devenus, pour certains, des compagnons inséparables.
Dès cette époque, son attachement pour Vigny n’a jamais failli.
En septembre 1944, il a 19 ans quand il s’engage dans la 2ème D.B. Il combat dans les Ardennes et en Alsace. Dans les rigueurs de l’hiver 44-45, il pilote successivement le FT 17, le Light M3 mais surtout le fameux Sherman, le mastodonte des chars de guerre. Il en était très fier, car il était un passionné de la belle mécanique et surtout de celle des voitures de marque.
A son retour en 1945, en accord avec ses parents, il assure la gestion du château de Vigny. C’est donc tout naturellement, quand l’opportunité se présente et à la demande de ses très nombreux amis, qu’il accepte de prendre part activement et concrètement à la vie du village.
Il est élu Maire le 7 Mai 1953, au premier tour de scrutin et constamment réélu, neuf fois consécutives. Il exercera d’autres mandats tels que celui de député et de vice président du Conseil Général du Val d’Oise.
En tant que Maire, il a souhaité apporter un maximum de confort, de sécurité et de bien être aux villageois en installant le Centre de Secours des Sapeurs Pompiers.
Il a souhaité très vite moderniser son village et sa première mission fut la création d’un réseau de distribution d’eau : pas une maison, pas une ruelle ne sera oubliée. Projet ambitieux qui évoluera au cours des années vers la création d’un syndicat intercommunal : le SIEVA
En parallèle, voulant conserver à Vigny son charme et la beauté de ses paysages, il met en place le ramassage des ordures ménagères et crée un syndicat intercommunal, le SMIRTOM qui regroupe désormais 135 communes.
Puis, constatant qu’un certain nombre de familles de Vigny n’a pas la possibilité de faire poursuivre à leurs enfants des études, il crée pour la première fois en France le transport scolaire.
Il a participé activement à la création et à la gestion de plusieurs syndicats intercommunaux. Il aura la confiance d’un grand nombre de communes.
Il est également à l’’origine de l’essor de la commune qui a vu sa population doublée en 30 ans d’où l’extension des écoles et la création d’une cantine. Vigny connaît également un essor économique avec la création d’une nouvelle zone d’activités.
Les Vignois se souviendront longtemps de la Mercedes noire 1000ZZ qu’il conduisait à 30 à l’heure, sillonnant les rues du village toujours vigilant et attentif au moindre détail.
Yves de Kervéguen a pressenti, très tôt que toutes les communes du canton ne continueraient à exister que s’il y avait entraide et solidarité : chacune conservant sa spécificité mais mettant en commun les idées et les compétences pour que tous les efforts se partagent et contribuent à l’existence de chacune.
Il n’a mesuré aucun effort, aucun conseil pour que sa commune reste aussi florissante et attirante pour tous ceux qui recherchent une certaine qualité de vie.
Sa nature simple, généreuse et accueillante laisse encore, dans de nombreuses familles, des souvenirs bien agréables.
Il laisse à son équipe un héritage moral et des projets que nous nous efforcerons de mener à bien.
MERCI Monsieur de Kervéguen pour cette image belle et noble d’un Maire qui a aimé sa commune et a assuré pendant 54 ans la paix, la sécurité et le bonheur de vivre à Vigny pour ses nombreux administrés…”
Extrait du discours d’Annick de Traversay du 11 novembre 2008 lors de la remise de l’écharpe d’Yves de Kervéguen à ses enfants
“…Nous avons voulu profiter de ce rassemblement des anciens et, plus généralement, de tous ceux qui ont connu Yves de Kervéguen pour témoigner encore notre reconnaissance et redire à sa famille et à tous les siens que nous mesurons l’immense dévouement avec lequel il a servi l’avenir de notre commune pendant de si nombreuses années. Il a mis beaucoup de dignité et de respect pour assumer cette charge qu’il a voulue accomplir jusqu’au bout de ses forces, nous donnant ainsi l’exemple de quelqu’un qui ne se réalise que par ce qu’il apporte aux autres. 54 ans de vie donnée avec passion et fierté lui ont mérité la reconnaissance de tous ceux qui ont pu collaborer avec lui, non seulement à notre échelle communale, mais aussi dans les plus hautes fonctions administratives en tant que député et vice-président du Conseil Général.
Aujourd’hui, d’une façon solennelle, je voudrais, au nom du Conseil Municipal, remettre à ses enfants, ici présents le symbole même de cette fonction de Maire et de représentant de l’Etat (je voudrais demander à Arnaud, son petit-fils, le plus jeune, de bien vouloir s’approcher)
Que cette écharpe qu’il a portée tant de fois avec fierté pour l’honneur de sa commune reste pour votre famille le symbole de la partie de sa vie consacrée au service de Vigny.
Pour conclure par une petite histoire, cette écharpe, paraît-il, était un cadeau de son fidèle ami, Michel Poniatowski mais ce qui est sûr, c’est qu’elle est « cousue main ».
Encore deux minutes de votre temps pour féliciter tous les jeunes du Conseil Municipal des jeunes de Vigny qui se verront remettre prochainement leur carte d’identité municipale. Ces onze jeunes, élus le 14 Juin 2008 prennent très au sérieux leur élection et la mission qui en découle. Catherine Béguin et Isabelle Vérin sont les 2 élues qui les accompagnent dans leurs projets et les aident à concrétiser leurs idées.
Je remercie vivement tous les élus du Conseil Municipal de Vigny pour leur présence à cette manifestation officielle donnant ainsi l’exemple d’une équipe qui se rassemble dans toutes les occasions…“
Le Père Cazes
Né le 21 août 1913 à Savigny sur Orge d’un père parisien et d’une mère berrichonne, il perdra très tôt ses parents.
Son père travaillait dans une banque. Ce dernier mobilisé en 1914, meurt lors de l’attaque de Verdun en 1915. A l’age de 6 ans il perd sa mère ; déjà pupille de la nation il se retrouve à l’assistance publique. Placé dans une ferme dans le Cher à Thénioux, il gardera toujours un souvenir ému de son enfance à la campagne. Rien ne pouvait plus lui faire plaisir que de lui offrir une galette de pomme de terre ou du fromage de chèvre bien sec.
Tout petit alors que ses camarades jouaient aux peaux-rouges il se fabriquait une chapelle avec des chaises et il s’essayait à dire la messe. Sa vocation se précise le jour de sa première communion. Inexorablement il est attiré par le sacerdoce des curés de campagne souhaitant suivre leur route semée d’embûches, participer à leur lutte quotidienne, partager enfin leurs épreuves comme leurs efforts.
Il entre au petit séminaire de Versailles en 1925, puis au grand séminaire où il laissera le souvenir d’un homme simple et exemplaire. Pierre CAZES est ordonné prêtre le 29 juin 1939, il est nommé quinze jours plus tard à Louveciennes comme aumônier d’un orphelinat et d’une maison de retraite.
Cinq jours après la déclaration de guerre, le 8 septembre 1939, il est nommé prêtre de la paroisse de Vigny en remplacement de l’abbé ORIOU1, Il arrive à Vigny par la route nationale et il sera marqué à tout jamais par la vision de ce petit village blotti autour de son église. La première impression sur les paroissiens fut celle d’un homme jeune, frêle, au visage émacié avec un regard brûlant éclairé par une ardente flamme intérieure ; il avait l’air d’un pré-adolescent. Un notable du village lui dit même : « vous êtes bien jeune on vous appuierait sur le nez il sortirait du lait ». Le jour même il va voir le maire, le soir il est invité chez la châtelaine qui le questionne sur l’église, les évêques de France et le pape ; elle le prit un instant pour un espion. Ensuite il rend visite à chaque famille. Il remet de l’ordre dans le déroulement de la messe car pendant l’office les enfants de cœur jouaient aux billes. L’archiprêtre de Pontoise l’avait prévenu avant qu’il ne vienne à Vigny : « attention vous êtes nommé dans un guêpier » fort heureusement il se révélera que le nid fut à sa mesure.
Le 27 novembre 1939 il est mobilisé, il part dans un camp près de Bourges, laissant la paroisse sous la surveillance du curé de Sagy. Son absence ne fut que de courte durée. Le 31 décembre, il regagne sa paroisse définitivement réformé, il était déjà de santé délicate.
C’est dans un milieu foncièrement rural et familial que notre curé réorganise le catéchisme en instaurant trois séances par semaine. Au cours de ces séances il avait l’air sévère avec son petit chapeau carré et sa barrette à la main avec laquelle il faisait de grands gestes : on aurait entendu une mouche voler. Il s’occupe des jeunes avec le patronage. Il organise des séances récréatives pour les garçons et les filles car avant son arrivée il n’y avait pas de mixité.
Au cours de ces sorties, en automne ils ramassaient des châtaignes, au printemps du muguet. Tout le monde chantait, le père Cazes
jouant des castagnettes. Il y avait également le jeu du drapeau. Des équipes étaient formées. Chacun avait un foulard d’une certaine couleur qu’il gardait définitivement. Ils jouaient aux gendarmes et aux voleurs sur un grand territoire entre Vigny et Longuesse.
Ce jeu durait des demi-journées. Les parties de « saute moutons » avec les jeunes scandalisaient les « dames patronnesses» car à l’époque il était en soutane. Il avait beaucoup de travail car il assurait aussi la messe et le catéchisme à Longuesse ainsi que les vêpres.
Le 2 juin 1940, jour de la fête du sacré cœur, il place la paroisse sous la protection de Notre Dame des Victoires. Il émet le vœu que si l’église et la population de Vigny sont épargnées, il apposerait une plaque de marbre à Notre Dame en reconnaissance de sa bienveillante intervention et cela quand les hostilités seront terminées et que la France sera victorieuse. Ce vœu fut exaucé. Le 9 juin c’est l’exode : après un prêche à Sagy il aperçoit dans les cours de ferme beaucoup de grosses voitures bourrées de monde. Il est un des derniers à partir non sans avoir consommé les saintes espèces avec un pieux paroissien, et avoir caché les vases sacrés qui furent enfermés dans un placard secret du château. Le Notaire le décide à partir vers la gare de Meulan, les quais étaient noirs de monde et les rares trains qui passaient étaient tellement bondés qu’ils ne laissaient de place à personne.
C’est alors qu’une femme portant un bébé dans les bras vient le trouver.
Mais laissons parler le père Cazes : “Monsieur l’abbé, pouvez vous baptiser ma petite fille ?
Je lui réponds : pourquoi pas ! Est-elle malade?
– Non, répond la jeune femme, mais on ne sait pas ce qui peut arriver, les avions allemands sont au-dessus de nous.
– Eh bien Madame, allons à la fontaine.
J’ai baptisé la petite et je n’en ai plus entendu parler jusqu’au jour où cet enfant atteignit ses 12 ans, c’était au moment de sa profession de foi, une dame vient me trouver et me demande : -Vous êtes le Curé de Vigny?
– Oui Madame.
– Auriez-vous l’acte de Baptême de ma fille ?
– Mais, je ne sais pas comment vous vous appelez !
– Elle me répond que le Curé de l’époque avait baptisé sa fille sur le quai de la gare de Meulan.
– Madame, c’était moi Je vais vous faire l’acte de Baptême tout de suite.”
Ensuite notre abbé part à Paris où il reste 8 jours. Puis il rafistole un vieux vélo et prend la direction de Vigny. Tous les ponts sur la Seine sont coupés, il passe en radeau à la hauteur de Poissy. Le spectacle dans la région n’est pas beau à voir. Ce n’est que chevaux morts, cadavres
Le 22 juin, il est enfin de retour au village. Il n’y avait plus que trente personnes dans le village et plus d’électricité. Il recommence à dire la messe, il sonne trois fois l’angélus par jour et prenant son vélo il
part remplacer les confrères des paroisses voisines. Le presbytère avait été saccagé, toutes les affaires avaient disparu : des objets en cuivre, la vaisselle volés ou disséminés dans le parc du château. Il retrouve même ses ornements d’église éparpillés dans la nature alors qu’il les avait cachés dans la lunette des cabinets. Il reste avec une trentaine de personnes pendant trois semaines puis petit à petit les gens rentrent.
En mai 1942, lors de la retraite de la communion, il y avait des moments de détente. Plusieurs fois, il emmenait ses jeunes à la carrière du bois des Roches. Les enfants montaient dans les wagonnets, en haut d’une côte et se laissaient glisser jusqu’en bas, le tout accompagné de cris et de rires sans voir le danger. Le jour de la communion solennelle, il était invité partout, et pour satisfaire tout le monde, passait chez chacun en grignotant ça et là.
Le 16 juin 1942, le père CAZES organise de nouveau la procession du Saint Sacrement. Toutes les processions avaient été interdites par l’occupant après la défaite de juin 1940.
En septembre, grâce à madame la comtesse DE KERVEGUEN, s’installent au château les sœurs franciscaines missionnaires de Marie avec leurs malades qui avaient quitté leur hôpital de Berck plage. Cette arrivée donna au pays une nouvelle activité et favorisa l’ouverture d’une école libre. Cette école s’installa sur la place dans la maison DUCROQ. Mais très vite l’effectif des élèves augmenta rapidement et en fin d’année scolaire l’exiguïté de la maison obligea les sœurs à déménager rue Beaudoin. Puis en octobre 1943 l’effectif atteint 118 élèves et 24 pensionnaires. En avril de l’année 1944, 36pensionnaires. Le père CAZES s’occupe alors activement de l’école libre pendant cette période de restriction. Afin de pourvoir à l’alimentation de ses pensionnaires il cultive quatre pièces de terre dans la propriété de la Gaudiere car les tickets de rationnement ne suffisent plus. Il élève des porcs, des poules et des lapins, plante des pommes de terre. Pour le chauffage l’hiver, il part avec le cordonnier faire un stère de bois par jour.
Il se multiplie, il joue de l’orgue, s’occupe de la chorale et des colis pour les prisonniers. Il fallait chercher les produits à Marines avec un cheval et une carriole attelée. Les familles au retour confectionnaient les colis ; il glissait alors dans chacun d’entre eux une lettre écrite de sa main. Il gardera toujours un bon souvenir de cette période difficile. Le père Cazes était très modeste et discret il ne parlait jamais du petit réseau de résistance de Vigny dont il faisait partie. Principales actions : actes de sabotage sur la N14 et transports de plis.
A la pentecôte de l’année 1945, l’institut CALOT reprend le chemin de BERCK, le pays retrouve alors son allure de petit bourg. Probablement usé et fatigué par ces années terribles, le 17 octobre 1945, il tombe gravement malade. Durant de longs mois, sa souffrance fut atroce, les médecins étaient impuissants, en un mot il était condamné. Parmi les fidèles amis qui lui rendaient visite se trouvait l’abbé GALAZZINI qui avait fait le grand séminaire de Versailles avec lui.
Le 22 décembre 1946 son confrère lui déclare qu’il avait fait le vœu suivant : « votre présence sur terre est plus nécessaire que la mienne car votre foi convainc mieux ; j’offre donc ma vie à Dieu en échange de votre rétablissement ». Le père CAZES prenait ces paroles à la légère : son confrère avait une santé éclatante et était physiquement son contraire. Il ne reverra pas son ami car un mois jour pour jour il meurt brusquement.
Le 4 avril 1947, le jour du vendredi saint il guérit inexplicablement. Ce jour là alors qu’il n’avait absorbé aucune nourriture solide depuis des mois il réclame à manger et engloutit une énorme assiette de
poireaux à l’huile et vinaigre tendue par un religieuse. Nous pensons que c’est le jour même qu’il s’est levé et est allé à la Chapelle pour célébrer une messe, sous les yeux ébahis du personnel. Le lendemain il se lève et le dimanche de paques il célèbre la messe. Trois médecins constatèrent son miraculeux rétablissement. A la suite de cette maladie il obtiendra de l’évêché de pouvoir rester indéfiniment dans sa paroisse de Vigny.
Retrouvant tout son dynamisme il se lance dans la préparation d’une grande kermesse dans le parc du château pour pouvoir financer les œuvres paroissiale et l’école libre car il n’avait aucune aide publique. Le challenge est d’envergure, car la date de cette première kermesse est fixée au 6 juillet 1947. Certain critiquait le père CAZES on lui disait : « Comment M. le curé vous faites une vente de charité à l’époque actuelle ? Tout le monde est fauché, c’est la crise ! » Il répondait : « les cœurs charitables ne sont jamais fauchés et la crise ne peut atteindre, et n’a jamais atteint, la bonté des braves gens de chez nous.» Avec son superbe optimisme les dons affluèrent de Marines, Meulan, Pontoise et Paris. Cette kermesse était organisée tous les deux ans, elle était réputée, on accourait de toute l’île de France. Elle était fastueuse il y avait jeux de plein air, danses, chants folklorique et même en 1957 pour le 10e anniversaire un tournoi de catch avec le célèbre Laurent DAUTHUILLE4 ; enfin le soir, bal avec des illuminations féeriques. Le père CAZES l’appelait :« l’événement extraordinaire »
Parallèlement, en dépit d’une santé fragile et d’efforts surhumains, il se dévoue particulièrement aux malades, aux personnes âgées qu’il entoure de sa gentillesse. En vélo il va les voir chez eux, ou dans les hôpitaux de la région, heureux de pouvoir leur manifester sa sympathie et leur apporter un réconfort moral spirituel. Les paroissiens s’apitoyèrent sur son sort, car voyant le père CAZES peiner sur son vélo sur les difficiles routes du Vexin, ils lui offrirent une MOTOBECANE. Plus tard il roulera en 2ch.
Au tournant des années soixante les mœurs évoluent ; mais laissons parler le père CAZES :
« Le pays était foncièrement rural, les gens restaient au village et avaient une vie de famille, ils venaient à l’église et on peut dire que toutes les familles à l’époque pratiquaient.»
Le changement commença en 1958 au moment de l’excitation de la jeunesse et de l’embauche massive à l’usine RENAULT de Flins J’étais en bon terme avec le chef du personnel c’est comme cela que j’ai fait entrer beaucoup de jeunes à l’usine Cela tombait bien, il y avait de moins en moins de travail dans les fermes, les cultivateurs abandonnant les chevaux pour la mécanisation. J’ai été obligé de fermer l’école libre en 1964 par manque de moyens mais j’ai aussi profité du départ, à la retraite de l’institutrice Mlle SAUVAGE. A partir de ce moment la vie du village a changé, les jeunes ne restaient plus sur place, je n’avais pas de contact avec eux. Conséquence de la fermeture de l’école libre et de l’évolution des mentalités je faisais le catéchisme q’une fois par semaine le jeudi.
A la construction du lotissement de la Gaudière, le père CAZES a beaucoup de mal à établir des contacts avec les nouveaux habitants. Il dit : « ils ne sont jamais là dans la journée, donc impossible de les voir, même dans le vieux Vigny les nouveaux, qui remplacent les anciens, adoptent le même style de vie que là haut, c’est à dire celui de la cité dortoir.»
Le 24 juin 1989, c’est le jubilé du père CAZES, 50 ans dans la même paroisse c’est un cas unique en île de France et rarissime en France. Cet événement est aussi exceptionnel que la Personnalité du prêtre, archétype du curé de campagne. L’hommage lui est rendu dans son église par Mgr JORDAN 5 évêque de Pontoise et de nombreuses personnalités dont le maire M. Yves DE KERVEGUEN. Pendant cette messe la chorale du Vexin était dirigée par M. Paul GATEAU puis suivie en fin de cérémonie par la fanfare des sapeurs pompiers.
Ensuite un déjeuner de retrouvailles fut organisé dans la salle des fêtes, et dans l’après midi un concert d’orgues et de trompettes. La soirée fut clôturée par un feu de la Saint Jean.
Il reste dans son presbytère mais d’être mis à la retraite sera une vrai brisure pour lui. Il dit simplement : « que les gens viennent à moi puisque je ne peu plus aller à eux sans obligation qu’ils viennent à l’église qu’ils me considèrent comme un homme.»
Pendant ces quinze dernières années, la maladie ralentira son activité, mais on croisait régulièrement sa frêle silhouette près de la place d’Amboise. Il marquait ainsi sa présence parmi les villageois. On le retrouve aussi à l’occasion des grands événements qui ponctuent la vie de la commune, comme le 31 mai 1994 lorsqu’il accueille, le pilote américain Bob O’NEILL au cours d’une cérémonie émouvante à l’église :
Ou encore le 16 juin 1996 pour la messe solennelle à la célébration du centenaire de la pose de la première pierre de l’église de Vigny. Et le 26 juin 1999 pour le soixantième anniversaire de son ordination sacerdotale. A cette occasion l’église était pleine à craquer.
A l’automne 2003, le décès d’une personne qui l’avait entouré de beaucoup de soins, Melle ROLLE, l’avait profondément marqué. Il meurt en son presbytère, le 29 février 2004, à l’âge de 90 ans.
C’était un homme de caractère, doué d’une très grande énergie morale. Les Vignois aimaient ce sourire d’affabilité, ces paroles d’âme à âme. C’est bien une manière de saint qui s’éloigna à jamais.
F et P. H
Le père ORIOU trouvera une mort tragique, le 4 septembre 1939, à la suite d’un accident de la circulation.
Témoignage de la procession par M. DEVILLERS : « A Vigny le dimanche 16 juin nous avons eu la procession du Saint Sacrement, l’après-midi à quatre heures nous avons été à la procession organisée par M. le curé ; c’est en effet la première année où les processions dans les rues sont officiellement autorisées. La procession marchait dans l’ordre habituel, mais que je ne connaissais pas puisque que je n’en avais jamais vue : d’abord la croix portée par un enfant de chœur entouré de cinq ou six autres, puis des petites filles jetant des pétales de rose, puis les enfants de Marie portant une première bannière, puis quelques jeunes gens portant la bannière de Saint Médard, une dizaine d’enfants de chœur précédant monsieur le curé marchant sous le dais ; suivis des hommes et jeunes gens de Vigny, dont papa Lou et moi, puis venait les femme dont maman Paulette. La procession partit de l’église jusqu’à un premier reposoir contre la porte du château, puis un deuxième un peu en dehors du pays appuyé à la dernière porte du parc du château, puis elle revint à l’église. Au deuxième reposoir au milieu des champs, monsieur le curé fit un petit sermon.
La procession était très réussie et cela donne une idée de celles qui au moyen age étaient si importante. Le parcours était orné de fleurs et le temps incertain s’est maintenu beau pendant ce temps. »
Dix ans plus tard, à la suite d’un article de presse relatant sa miraculeuse guérison le père CAZES reçu un étrange visite ! celle d’un prince Russe, le prince Félix YOUSSOUPOFF le meurtrier de RASPOUTINE. L’assassinat de RASPOUTINE à Petrograd en décembre 1946 concorde curieusement avec le vœu de l’abbé GALAZZINI pour le rétablissement du père CAZES. A Vigny le prince se confessa et apaisa sa conscience auprès du père CAZES, car depuis 40 ans, cet épisode sanglant le tourmentait et le
poursuivait et il cherchait à se repentir. En quittant le père CAZES le prince lui donna et dédicaça le livre : «la fin de RASPOUTINE » livre qu’il avait écrit en 1925.
Le prince YOUSSOUPOFF était le neveu du tsar. Sa famille y tenait par sa puissance et sa situation mondaine, un rang exceptionnel en Russie, son père étant gouverneur général de Moscou.
Le prince YOUSSOUPOFF était mémorialiste, il est mort dans son lit à Paris en 1967.
En 1950 il fut battu par Jack LA MOTTA pour le titre de champion du monde des poids moyen. Il menait au point lorsqu’il fut mit KO au 15e round à 23 secondes de la fin. Bien d’autres vedettes vinrent à ses kermesses comme par exemple André CLAVEAU et Roger NICOLAS.
5) A ce moment c’était le plus jeune évêque de France.
Sources :
Jean Ferlier : entretiens avec le père CAZES ( sonothèque personnelle )
Souvenirs de M. DEVILLERS.
Les journaux régionaux et nationaux. RASPOUTINE par Michel DE ENDEN.
Et les précieuses indications de Mme Rolande MARTIN et Mme Suzanne ROLLE.
Sébastien Vaillant
Dans la rue qui porte son nom, naquit Sébastien Vaillant (1669-1722).
Membre de l’académie des sciences, chirurgien et botaniste, il étudie le système sexuel des plantes. Il fut nommé directeur du jardin du roi dans lequel il fit installé les premières serres chauffées de France.
Auteur de travaux sur les fonctions des étamines et du pistil, il a laissé derrière lui le plus bel herbier du monde.
Vaillant (Sébastien), botaniste né à Vigny (Val-d’Oise) le 26 mai 1669, mort à Paris le 26 mai 1722 (La botanique au XVIIe siècle). il étudia la chirurgie à l’hôpital de Pontoise et en 1688 pratiqua à Evreux. En 1694, il vint suivre l’enseignement de Tournefort au jardin du roi, puis fut nommé directeur du jardin, grâce à Fagon.
La Famille Vitali
Les Princes de Sant’Eusebio ont, toujours et en tous lieux, entretenus de nombreuses œuvres sociales. Ainsi, dès son installation à Vigny, dans le Val d’Oise, en 1867, Philippe comte Vitali engage un médecin, le docteur Euvrard, pour lequel il fait construire une grande maison toujours existante (11 rue de la Tortue et 4 rue aux Moines) et qui sera logé, chauffé et éclairé gratuitement jusqu’en 1918. Il lui offre également : jardinier, voiture et chevaux. L’épouse du comte, Marie-Hortense, veille pour sa part, à ce que le docteur Euvrard -qui est également pharmacien et qui prépare lui-même ses médicaments- dispense gratuitement tous les soins nécessaires aux villageois (à la mort de la comtesse, la municipalité de Vigny, la qualifiera de “bienfaitrice des pauvres” ). Le comte s’attaquera également à l’illettrisme.
En effet, les enfants étaient, alors, envoyés au travail à partir de 5 ou 6 ans et pouvaient être exploités jusqu’à 15 heures par jour pour 35 centimes ! D’ailleurs, en son temps, le décret de 1841 voulu par le Roi, qui rendait l’école obligatoire à partir de 12 ans et interdisait d’employer plus de 8 heures par jour les enfants de 8 à 12 ans, et plus de 12 heures par jour ceux de 12 à 16 ans, avait été fort mal reçu par l’opinion. Et nombreux avaient été les parents qui étaient allés jusqu’à signer des pétitions contre ce texte pour exiger que leurs enfants soient employés en dessous de l’âge légal.
De toutes les manières, dans la plupart des communes et jusqu‘aux lois des 16 juin 1881 et 20 mars 1882, l’école gratuite et obligatoire, restera un vœu pieux faute de moyens fournis par l’état. Ainsi, la plupart du temps, l’instituteur loge dans la classe même. Une pièce qui est à la fois sa cuisine et sa chambre conjugale. C’est pourquoi, le comte Vitali hébergera l’école communale de Vigny dans un immeuble lui appartenant, situé au coin de la place d’Amboise. Il se consacrera également à l’enseignement privé et rétablira, à ses frais, l’institution des soeurs de Vigny. Il les installera rue Baudoin dans une école qu’il fera construire à cet effet. Il fondera même deux autres écoles qu’il fera bâtir, toujours sur sa cassette, à Frémainville et à Longuesse (Val d‘Oise). Ces écoles privées, gérées par les sœurs, seront entièrement financées par le comte (immeubles, meubles et personnels) et offriront un enseignement gratuit aux enfants de ces communes. Le comte y adjoindra même un refuge pour les petits enfants.
Les maires de Vigny
Liste des maires de 1790 à ce jour.
Période du mandat
Nom du Maire
Vanessa Legaigneur
de mars 2014 à juillet 2025
Robert de KERVEGUEN
d’octobre 2007 à 2014
Annick de TRAVERSAY
d’avril 1953 à 2007
Yves de KERVEGUEN
de juillet 1946 à 1953
Julien CHALUMEL
de décembre 1944 à 1946
Jules THOMAS
de décembre 1919 à 1944
Eugène HERBAUT
d’octobre 1915 à 1919
Gustave AUBRY
d’avril 1891 à 1915
Charles HAMOT
de décembre 1889 à 1891
Jules ROQUET
de décembre 1886 à 1889
Alfred RIBOT
de mai 1884 à 1886
Désiré LETU
de décembre 1879 à 1884
Isidore MONMIREL
d’avril 1879 à 1879
Eugène BLANQUET
de mai 1871 à 1879
François Désiré VERNEUIL
d’octobre 1852 à 1871
Jean Marie HELIOT
de décembre 1848 à 1852
Jean APPAY
de juin 1837 à 1848
Charles Jacques DUBUT
de février 1835 à 1837
François CORSET
de septembre 1830 à 1835
Charles Jacques DUBUT
de mai 1816 à 1830
Charles LEGUILLON
de 1815 à 1816
Pierre COUTEROT
de mai 1815 à juillet 1815
Charles Auguste HAMOT (1)
de 1805 à 1815
Pierre COUTEROT
de 1790 à 1805
Gabriel Valentin DEVICQUE
(1) Probablement pour une période très courte ( c’était les 100 jours ). L’élection se déroula dans l’église. Il était Maître de la poste aux chevaux de Vigny.
Le chateau de Vigny
Construit à partir de 1504 par le cardinal Georges Ier d’Amboise, ce domaine historique de 20 hectares a accueilli d’illustres familles de la noblesse française (les Montmorency, les Rohan) ainsi que des rois comme Henri II et Louis XIII
Fermé aux visites : Le château est une propriété privée et ne se visite pas actuellement.
Un chantier colossal : Le bâtiment était en situation de grand péril. Une infestation massive par la mérule (un champignon dévoreur de bois) a gravement fragilisé ses structures. Un projet de sauvetage et de restauration d’urgence a été mené par ses propriétaires avec le soutien de la Fondation du Patrimoine.
Carrière de Vigny
D’une surface de 21,8 ha, située entre les communes de Vigny et de Longuesse dans le parc du Vexin le long de l’Aubette de Meulan, la carrière de Vigny ou carrière du Bois des Roches est un site géologique exceptionnel d’Ile de France.
Le Conseil Départemental du Val d’Oise acquiert ce site en 2003 dans le cadre de sa politique des Espaces Naturels Sensibles (E.N.S.). Partie intégrante du Parc Naturel du Vexin français et du site inscrit du Vexin français, la carrière de Vigny figure également parmi les Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique (Z.N.I.E.F.F.) de type I.
Ce site fut exploité de 1920 à 2001 pour l’extraction de sa pierre calcaire servant à la construction et la réhabilitation des maisons traditionnelles et de châteaux.
Il représente une mine de richesses car on y a recensé près de 350 espèces de fossiles du Tertiaire (algues, coraux, mollusques), et ce site constitue un témoin d’accidents tectoniques avec la formation de failles, un témoin de l’exploitation de la « pierre de Vigny » et un véritable laboratoire de la faune marine du Tertiaire, notamment en raison de la présence d’un ancien massif corallien.
Ce site abrite par ailleurs une faune et une flore actuelles remarquables. On note la présence de milieux variés (pelouses calcicoles, bois des Roches) propices à la présence de 300 espèces de plantes, d’arbres centenaires (hêtres) et à l’installation d’insectes comme le grillon d’Italie, l’oedipode bleu, et de 31 espèces d’oiseaux (Buse variable et Chouette hulotte par exemple).
Venez découvrir un véritable musée à ciel ouvert en visualisant l’histoire du bassin parisien au moment de la transition entre les ères secondaire et tertiaire.












